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La « situation économique de la Birmanie à fin 2007 », publiée par la Mission Economique du ministère des Affaires Etrangère français, commence par cette constatation lourde de sens : « Pays le plus prospère d’Asie du Sud dans les années soixante, la Birmanie, se retrouve aujourd’hui dans la catégorie des pays les moins avancés. »
Le rapport dresse le portrait d’un pays riche de ses ressources naturelles (mines, bois, gaz et pétrole) mais qu’une politique économique « indigente et chaotique » maintient dans un schéma ou l’agriculture constitue, à elle seule, la moitié du PIB, tandis que l’industrie n’en représente que 14%.
Il nous rappelle la difficulté, en termes d’image, pour les investisseurs étrangers, ainsi que l’échec, sur le plan intérieur, des tentatives de diversification de la production agricole.
Et pourtant la conjoncture est favorable !
Les auteurs du l’étude, se fondant sur les chiffres produits par le FMI, mettent l’accent sur le taux de croissance estimé à 5% en 2007, qu’ils imputent principalement au niveau élevé du prix des matières premières. Ils nous parlent également d’une bonne tenue, grâce à une main d’œuvre misérablement payée, de l’industrie textile birmane.
Mais de larges pans de l’économie birmane sont plombés par un déficit budgétaire vertigineux et par les sanctions internationales.
La pauvreté de la population, qui ne génère presque aucun revenu pour l’Etat, ajoutée aux désirs « pharaoniques » des généraux au pouvoir (le rapport fait allusion au déménagement, programmé par la junte, de la capitale vers Nay Pyi Taw, dont le coût serait de 1 à 2 points de PIB par an), placent la Birmanie face à un déficit budgétaire qui a atteint 4% du PIB en 2007. A cela on doit additionner l’inflation, entre 30% et 40% en 2007, et le tableau se transforme en scène d’horreur, où on se demande comment la population birmane va pouvoir survivre.
Il y a aussi les sanctions internationales. Depuis 1989, rappellent les auteurs de l’étude, la Birmanie est sous le coup de sanctions économiques européennes et américaines. Ces restrictions ou ces interdictions de commerce ou d’investissement ont été reconduites et même renforcées, après les manifestations réprimées de l’automne dernier.
A la fois instructive et effrayante, la « situation économique de la Birmanie à fin 2007 », de la mission économique du Quai d’Orsay, nous rappelle l’Urgence d’agir, avant que le pire ne se produise pour la population.
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