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Au cours de mes recherches sur le net, je suis tombé sur un article paru dans le journal libération, daté du samedi 22 septembre 2007, relatant l’apparition d’Aung San Suu Kyi et ses larmes,
devant une manifestation de moines bouddhistes défiant pacifiquement la junte militaire. Je me souviens d’avoir entrevu à la télévision, à l’époque, une image volée et cette émotion très digne de
l’opposante emprisonnée. Mais il n’y eu rien de plus. Pas de vraie prise de conscience et je suis passé complètement à côté des manifestations, des moines incarcérés et de la reprise de contrôle
ultra violente de la dictature.
Je n’ai malheureusement pas retrouvé de photo de cet évènement mais j’ai donc lu l’article, sept mois plus tard, et j’ai enfin compris toute l’étendu de la tristesse et l’espoir d’un peuple qui se bas seul et d’une femme qui, elle, ne devait plus avoir impression de l’être tout à fait.
(Article du samedi 33 septembre 2007 – Libération par A.V. avec Reuteurs et source AFP)
« Les pleurs d'Aung San Suu Kyi face aux moines birmans
Depuis son domicile où elle est assignée à résidence, l'opposante à la junte birmane a salué samedi les bonzes engagés dans d'importantes manifestations contre le régime.
L’opposante birmane Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis plus de quatre ans, est sortie samedi en pleurs de sa maison à Rangoon pour saluer des moines qui manifestaient contre la junte militaire.
Généralement, des forces de sécurité bloquent l'avenue où est située la résidence d’Aung San Suu Kyi mais, samedi, fait exceptionnel, les moines ont pu passer devant sa maison, ont indiqué
des témoins.
Aung San Suu Kyi, 62 ans, est alors sortie, en compagnie de deux femmes, et s'est mise à pleurer en saluant les bonzes parmi lesquels certains ont également éclaté en sanglots.
Alors qu'il pleuvait, les moines sont restés devant la résidence de l'opposante pendant une quinzaine de minutes, récitant notamment la prière suivante: «Faisons en sorte d'être totalement libérés de tout danger, de toute douleur, de la pauvreté et que la paix soit dans nos cœurs et dans nos esprits.»
Près de 10.000 autres moines ont manifesté au même moment dans les rues de Mandalay, la deuxième ville du Myanmar (ex-Birmanie), contre la junte militaire au pouvoir depuis 1962.
Selon un mouvement de Birmans en exil, quelque 2.000 moines se seraient rassemblés devant le domicile de la chef de file de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD, opposition à la junte militaire).
Environ 20 policiers en uniforme avaient auparavant levé les barrières bloquant l'avenue. Ils n'ont pas cherché à interrompre la procession religieuse, ont précisé des témoins. Dès que les bonzes sont repartis, les forces de sécurité ont de nouveau bloqué l'avenue.
Aung San Suu Kyi était sortie de sa résidence la dernière fois en novembre 2006. La junte l'avait alors autorisée à rencontrer pendant une heure un envoyé spécial des Nations unies, Ibrahim
Gambari. Aung San Suu Kyi est confinée chez elle depuis plus de quatre ans. Son ordre d'assignation à résidence a été prorogé d'un an en mai dernier.
Prix Nobel de la Paix en 1991, elle a été privée de liberté pendant la majeure partie des dix-huit dernières années. Sa dernière arrestation remonte à mai 2003.
La LND, parti qu'elle a cofondé en 1988, avait largement remporté des élections législatives en 1990, mais les résultats avaient été rejetés par les généraux au pouvoir.
Depuis le début de la semaine, de jeunes moines sont à l'avant-garde du mouvement de protestation déclenché le 19 août contre la junte après l'augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun, qui affecte durement la population de ce pays pauvre d'Asie du sud-est.
Pour la première fois depuis le début de leur révolte, les moines ont invité la population à les rejoindre dans leur «campagne pacifique pour faire tomber la dictature militaire néfaste».
La manifestation de samedi à Mandalay est la plus importante à ce jour. Elle confirme que l'ampleur de la révolte en cours est sans précédent depuis les manifestations pour la démocratie de 1988 qui avaient été écrasées dans le sang par les généraux birmans. Quelque 3.000 personnes avaient tuées alors. Plus de 150 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations de ces derniers jours. »
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